Voices
Points de vue sur le monde du travail
Photo: Louk Vreeswijk

Podcast l'avenir du travail

Episode 3
Travail forcé

La campagne 50 for Freedom pour mettre fin à l'esclavage moderne

26 mai 2021
00:00

Plus de 25 millions de femmes, d’hommes et d’enfants vivent dans des situations d’esclavage moderne, soit 3 personnes sur 1000 dans le monde. Un effort coordonné des gouvernements et des militants du monde entier pourrait mettre fin à ce fléau. C’est le but de la campagne 50 For Freedom et du protocole sur le travail forcé lancé par l’OIT en 2014, qui a déjà recueilli le soutien de 51 pays.

Transcription

Bonjour, et bienvenue dans ce nouvel épisode des voix de l'OIT,

un podcast de l'OIT, où nous abordons les problèmes

et les problématiques du monde du travail.

Aujourd'hui, nous allons parler de l'esclavage moderne

et de la campagne 50 for freedom, 50 pour la liberté.

On dénombre aujourd'hui plus de personnes en situation d'esclavage

qu'à tout autre épisode de l'histoire.

Plus de 25 millions de femmes, d'hommes et d'enfants vivent

dans des situations d'esclavage moderne,

soit trois personnes sur 1 000 dans le monde.

Pour vous donner une idée,

si elles vivaient toutes dans la même ville,

ce serait l'une des plus grandes villes du monde.

L'OIT s'est mobilisé pour combattre ce fléau.

50 pays ont désormais ratifié le protocole sur le travail forcé,

démontrant ainsi leur détermination à mettre fin au travail forcé

sous toutes ses formes.

Ils se sont engagés à prévenir le travail forcé,

à protéger les victimes et à leur garantir l'accès à la justice

et aux voies de recours.

C'est un traité juridiquement contraignant,

qui impose aux États de prendre des mesures pour combattre l'esclavage

moderne sous toutes ses formes.

C'est un bon début, mais il faut faire bien plus.

Avec nous aujourd'hui, pour parler de ce sujet, Aurélie Hauchère,

chargée de la communication et de la sensibilisation

sur le travail forcé au sein de l'OIT,

et qui coordonne également la campagne 50 for freedom.

-Bonjour Aurélie. -Bonjour Isabel.

Nous avons également Martine Combemale, la fondatrice de RHSF,

Ressources Humaines Sans Frontières,

une ONG dont la mission est de prévenir les risques de travail des enfants,

de travail forcé et, plus largement, le travail indécent dans les chaînes

de sous-traitance.

Bonjour Martine.

Bonjour Isabel.

Je lance ma première question. On pense que l'esclavage n'existe plus.

En fait, il existe toujours sous de nombreuses formes,

de formes très différentes.

De quoi parle-t-on exactement, Aurélie ?

Différents termes sont utilisés pour parler du travail forcé.

On parle de traite des êtres humains, de servitude pour dettes,

qui correspondent en fait aux différentes législations nationales.

Ces termes recouvrent des réalités qui ne sont pas tout à fait identiques,

mais qui sont similaires.

Au-delà de ces différences de vocabulaire, je dirais il est effectivement important

de se demander de quoi parle-t-on.

Quand on parle de travail forcé,

on parle de la forme la plus grave d'exploitation au travail.

Il s'agit de personnes qui travaillent sous la contrainte,

qui n'ont pas choisi librement leur travail.

Ce sont des personnes dont le passeport a pu être confisqué,

qui sont sous le coup de la menace, qui subissent des violences,

qu'elles soient psychologiques, sexuelles, physiques.

Ce sont vraiment des conditions de travail qui sont contraires à la dignité humaine.

Au-delà des termes, ce qui est important,

c'est vraiment de dire que quand on parle de travail forcé,

on ne parle pas seulement d'une violation du droit du travail,

mais vraiment une violation des droits humains des personnes concernées.

Non seulement cela aborde beaucoup de formes de travail forcé,

mais en même temps, l'esclavage moderne existe partout.

Plus d'un million et demi de personnes travaillent

dans des conditions assimilables à l'esclavage en Europe,

en Amérique du Nord, au Japon, en Australie, donc dans des pays où,

en principe, on ne s'y attendait pas.

Martine, que voyez-vous de votre ONG ?

En fait, on voit beaucoup d'invisibilité.

La problématique du travail forcé et des conditions de travail abusives,

c'est souvent le fait qu'il manque du personnel de faible qualification

dans un pays et, d'un autre côté, dans un autre pays,

des personnes ne trouvent pas de travail, ils sont dans une immense pauvreté

et ils ont besoin de travailler.

Il est évident qu'une personne qui est à l'autre bout du monde

ou dans un autre pays, c'est l'Europe aussi que dans l'agriculture,

il manque du personnel,

ne peut pas rencontrer une entreprise qui est dans le pays

qui a besoin de maind'œuvre.

Il y a donc des agences spécialisées internationales qui se mettent en place,

et qui recrutent ces personnes-là.

Pour aller les trouver,

elles ont besoin des agences intermédiaires,

et tous doivent être payées.

La problématique,

c'est que dans certains secteurs et certains pays,

personne ne paie, si ce n'est le travailleur.

Le travailleur accepte de bouger, accepte d'aller dans un pays,

parce qu'il n'a pas d'autre choix, mais pour travailler,

il doit payer toute cette chaîne de sous-traitance d'agence.

Ce qui fait qu'il est coincé.

Là où il va travailler, il va devoir rembourser,

il va devoir emprunter et donc son consentement

n'est pas libre et éclairé.

Pour qu'il ne fuit pas parce qu’il a tellement de dettes

qu'à un moment donné, il n'en peut plus, on va lui prendre son passeport.

Ça se voit vraiment dans tous les pays où il manque de main d'œuvre,

et on a besoin de main d'œuvre.

En France, souvent, la finalité montre dans l'agriculture des personnes

qui viennent d'un autre pays et qui ont été trouvées

dans des conditions difficiles sur des plantations.

Vous nous parlez de l'agriculture, mais aussi, on peut retrouver la plupart

des victimes de l'esclavage, au-delà de l'agriculture,

dans la pêche, la construction, dans l'industrie, les mines,

les services et le travail domestique.

Également, l’esclavage concerne aussi une victime sur cinq concernée

par l'exploitation sexuelle.

Aurélie, que pouvez-vous nous dire ?

C'est vrai que l'exploitation sexuelle, commerciale forcée est une des dimensions

du travail forcé.

Dans ce secteur, les victimes sont dans une écrasante majorité des femmes

et des jeunes filles.

Dans la plupart des pays du monde, c’est par cette dimension d'exploitation

sexuelle que les pays ont commencé à aborder la question du travail forcé.

C'est-à-dire que c'est d'abord sur cette question d'exploitation sexuelle

qu'ils ont adopté des législations,

des politiques en place, instauré un système de protection,

par exemple en créant des foyers sécurisés pour les victimes d'exploitation sexuelle.

Ce qu'il faut savoir, c’est qu’il y a quatre fois plus de cas de travail forcé

dans l'exploitation non sexuelle.

C'est-à-dire dans d'autres secteurs, en termes d'importance,

on considère qu’il y a presque 25 % des cas de travail forcé

qui surviennent dans le travail domestique.

Ensuite viennent la construction, l’industrie,

principalement les manufactures, mais aussi l'agriculture et la pêche,

où là, les femmes sont encore victimes notamment dans le travail domestique.

Dans les autres secteurs, on est plus à 58 % de femmes.

Donc, il y a un équilibre.

Dans ces secteurs-là, il reste encore beaucoup à faire.

On voit que le travail forcé de l'esclavage moderne,

on le trouve un peu partout. Il faut aussi parler de chiffres.

L'esclavage moderne est un énorme marché.

Une récente étude de l'OIT a estimé que l'esclavage moderne générait

plus de $ 150 milliards de profits annuels,

ce qui équivaut au profit cumulé des quatre sociétés

les plus rentables au monde. C'est assez incroyable.

Plus étonnant encore,

ces profits annuels par victimes du travail forcé sont de loin les plus élevés

dans les économies développées de l'Union Européenne

que partout ailleurs dans le monde. Martine, vous confirmez.

C’est ce que vous voyez tous les jours.

Ce qu'on voit aujourd'hui,

c'est une volonté de se conformer à ce que souhaitent les entreprises,

à ce que souhaite le public.

C'est-à-dire, on affirme qu'on n'a pas du travail forcé dans les entreprises,

mais concrètement,

nous, ce qu’on voit de plus en plus, c'est une grosse partie des salariés

qui sont invisibles et qui payent tout pour tout le monde.

À l'autre bout de la chaîne, les consommateurs payent moins cher,

les entreprises paient moins, cher et les employés disent :

« De toute façon, c'est mieux que chez moi. »

On a vraiment du mal à informer tout le monde,

y compris les salariés qui n'ont même pas de moyens de se plaindre.

Je ne sais pas si je réponds à la question parce que je me suis--

Si on le fait off, ce que je veux dire par là,

c'est que ce qu'on voit de plus en plus,

c'est des entreprises qui disent qu'elles respectent les objectifs

du développement durable, qu'elles n'ont pas de travail forcé,

qu'elles s'engagent dans des processus pour ne plus avoir de travail forcé,

mais comme tout le monde gagne à avoir des personnes qui payent

pour tout le monde et qui ne sont pas libres de bouger et qui font

des heures supplémentaires à la demande,

fondamentalement, rien ne change.

C'est ça que l'on voit de plus en plus,

et fondamentalement, ils sont de plus en plus en plus invisibles,

et il y a des stratégies de contournement.

Par exemple, on ne prend plus aujourd'hui complètement les passeports,

mais on ouvre des comptes qui décomptent

pour que les gens ne puissent pas partir et ne puissent pas s'enfuir.

On leur prend leur argent pour qu'ils ne s'enfuient pas,

mais vis-à-vis de l'extérieur, vis-à-vis des auditeurs qui viennent voir

s'il n'y a pas de travail forcé,

l'honneur est sauve puisqu'on ne prend plus les passeports.

On les garde captifs en leur prenant leur argent pour les mettre

dans ce qu'on appelle des savings accounts.

Il est maintenant important de se mobiliser,

justement pour éviter ce fléau.

Parlons donc de la campagne 50 for Freedom, 50 pour la liberté.

En 2014, les mandants de l’OIT ont massivement adopté le Protocole 29

sur le travail forcé.

En collaboration avec l'Organisation internationale des employeurs

et la Confédération syndicale internationale, l’OIT a donc lancé la campagne

50 for Freedom afin d'encourager les gouvernements à ratifier

le protocole et de sensibiliser au problème de l'esclavage moderne.

Aurélie, racontez-nous comment ça se passe.

Ce qui s'est passé, c'est qu’au niveau du cadre juridique international,

l'une des premières conventions adoptées par l’OIT était une convention

sur le travail forcé, mais elle datait de 1930.

Du coup, dans cette convention, il y avait beaucoup d'aspects

qui n'étaient pas présents parce que la situation a changé,

les échanges commerciaux ont changé.

En 2014, les mandants de l’OIT ont effectivement adopté

ce nouvel instrument qui incorporait des éléments plus modernes.

Sans changer la définition du travail forcé, mais qui incorporait des éléments

sur l'importance d'un recrutement équitable,

l'importance de la prévention, le fait que les entreprises publiques

et privées devaient faire preuve de diligence raisonnable

dans leur chaîne de production,

et aussi tout un aspect sur l'accès à la justice ou aux compensations

pour les victimes.

Comme vous l'avez dit, il a été adopté massivement en 2014.

Mais, c’est un instrument juridique.

Un protocole comme une convention doit être ratifié par les États.

Rapidement, on s’est dit que si on reste avec cette adoption massive,

mais que derrière, il n'est pas ratifié rapidement par un grand nombre de pays,

ça ne sera qu'un demi succès, un succès qui se transforme en échec.

Il était vraiment important pour nous de promouvoir très rapidement

cet instrument pour qu'il soit massivement ratifié

par les pays et surtout appliqué par les pays mis en place.

On a donc créé cette campagne 50 for freedom.

On a eu la joie cette année de célébrer la cinquantième ratification

du protocole qui a depuis déjà été dépassé puisque maintenant,

nous sommes à cinquante et unième ratification.

Ce qui est intéressant,

c'est que ce n'était pas une campagne de l’OIT,

mais c'était une campagne de l'OIT comme vous l'avez dit

avec les partenaires sociaux, mais aussi avec de nombreux activistes

comme le prix Nobel de la paix Kailash Satyarthi,

avec des artistes comme la photographe Lisa Christie,

l'acteur Wagner Moura qui, tout ensemble, ont œuvré pour promouvoir

la ratification et puis aussi sensibiliser les gens à ce problème du travail forcé.

Ça, c'est au niveau des États, au niveau international,

mais l'esclavage moderne concerne chacun de nous.

Que pouvons-nous faire en tant qu'individu pour lutter contre l'esclavage moderne ?

Si quelqu'un vient vous voir à votre ONG, Martine, que pouvez-vous lui dire ?

La première chose, c'est un peu ce qu'a expliqué Aurélie.

C'est la grande complexité.

C'est complexe parce que ce n'est pas du ressort simplement d'une entreprise,

ce n'est pas du ressort simplement d'un État,

comme on l'a vu, les causes sont multiples, sont interreliés,

et c'est important de comprendre cette complexité.

La formation et l'information sur la complexité du travail forcé

est vraiment importante.

À ce titre-là, tous les outils qui sont créés par l’OIT,

d'autres organisations et les nôtres--

Nous, on a créé un explorateur et des formations

pour expliquer ce que c'est.

Parce que souvent,

on peut avoir envie d'avoir des solutions un peu simplistes,

et ça ne résout pas le problème.

C’est par exemple, on ne travaille plus avec cette entreprise,

mais que deviennent les gens derrière.

Ce n'est pas une solution.

Le deuxième point,

c'est d'agir auprès des associations qui ont une influence

ou des gouvernements.

Comment le faire ?

Nous, on est en train de travailler sur un cadre de référence qui s'appuie

sur la loi française de vigilance qui impose aux entreprises

d'être responsables et d'agir concrètement autour de cinq piliers,

pour qu'il n'y ait pas d'abus dans leur chaîne de sous-traitance.

À partir de là, on identifie ce qui est important pour prévenir

le travail forcé et le travail des enfants dans la chaine de sous-traitance,

et on voudrait que ce cadre puisse servir autant aux consommateurs

qu'aux entreprises, qu'aux ONG, pour qu'on ait une cohérence d'action,

qu'on ne soit pas dans des silos pour agir et qu'on ait une cohérence d'action.

À partir de ce moment-là, en tant que consommateur si on est informé et formé,

et derrière, qu'on essaie d'avoir une cohérence d'action en agissant

par exemple auprès des associations de consommateurs qui elles-mêmes

sont formées pour poser des questions aux entreprises

quand elles évaluent des produits :

« Est-ce que ce produit n'est pas fait avec du travail forcé ou du travail des enfants,

mais elles ont des questions qui s'appuient sur cette fameuse loi ? »

À ce moment-là, on poussera les entreprises à agir,

sachant qu'on n'a pas des entreprises forcément qui veulent avoir

du travail forcé.

C'est qu'on est dans une situation extrêmement complexe,

et qu'on ne peut pas agir seul.

Nous, on prône vraiment un mouvement cohérent pour travailler ensemble

avec chacun sa partie.

L'OIT est là aussi pour donner des-- Nous on donne des outils,

et l'OIT bien sûr a tous les outils pour ça.

Cohérence, information, complexité.

Il s'agit donc de donner, en résumant, une visibilité à des personnes invisibles

et qui souvent nous entourent et dont on ne connait absolument pas du tout

l'existence Aurélie, c'est un peu ça ?

Oui, tout à fait. Je pense qu'aujourd'hui, si on regarde un petit peu les pays

de par le monde,

la plupart des pays ont adopté des législations,

que ça soit sur le travail forcé, l'esclavage moderne,

la traite des êtres humains.

Le problème maintenant je pense, c'est principalement d'appliquer ces lois.

C'est-à-dire que, vous parliez tout à l'heure Isabel

des profits générés par le travail forcé.

Pour que ces lois soient efficaces, il faut que les amendes infligées,

les peines infligées de prison ou autres soient suffisantes pour décourager

le recours au travail forcé.

Par exemple, il y a une initiative qui était assez intéressante au Brésil

où les entreprises qui ont été condamnées pour recours au travail forcé

n'avaient plus le droit d'avoir un prêt au niveau de la plupart

des banques brésiliennes.

C'est en tapant aussi sur le porte-monnaie,

sur l'aspect business du travail forcé, qu'on arrivera à faire les choses.

Le deuxième aspect, comme vous le disiez, sur l'invisibilité,

je pense que ce qui est très important c'est la formation, la sensibilisation,

le fait d'en parler plus comme nous le faisons en ce moment

avec ce podcast.

Pour combattre un petit peu ces phénomènes de déni,

c'est de croire que le travail forcé cela n'existe pas,

ou ça existe seulement dans des pays éloignés,

et croire que cela ne me concerne pas en tant que citoyen,

en tant que consommateur.

Parce que le travail forcé, il survient--

Il y a des formes de travail forcé dans chaque pays du monde,

et il peut être dans mon entourage, dans mon voisinage,

lié aux produits que je consomme.

Le dernier aspect je pense, pour combattre cette invisibilité,

c'est vraiment la formation.

C'est-à-dire former les juges, les policiers, les inspecteurs du travail,

toutes les personnes qui peuvent être en contact avec des victimes

de travail forcé pour qu'elles puissent reconnaître ces phénomènes.

Moi je fais beaucoup de formations et c'est intéressant.

Quand je commence une formation, je pense notamment une fois avec

des inspecteurs du travail,

je commençais une formation en leur demandant

s'ils avaient déjà été en contact avec des victimes de travail forcé,

ils m'ont tous répondu : « Non. »

Après une session de deux heures,

où on a décortiqué comme le disait Martine,

c'est une situation complexe, on a décortiqué les indicateurs

de travail forcé, comment reconnaître une situation,

plusieurs inspecteurs ont repris la parole en disant :

« Maintenant que vous l'avez expliqué,

je pense qu'en fait j'en ai déjà vu dans ma carrière,

mais je ne savais pas que c'était du travail forcé. »

Je pense que ça c'est vraiment important,

et de travailler ensemble, parce que comme disait Martine,

c'est un problème complexe.

Un gouvernement seul ne peut pas arriver à bout du travail forcé.

C'est en travaillant avec les ONG, avec les employeurs,

avec les syndicats, les gouvernements, les associations de victimes,

on peut arriver à en venir à bout.

S'informer d'abord.

Vous pouvez--

On va aller voir le site web de l'OIT et de la campagne 50 for Freedom

pour en savoir plus sur l'esclavage moderne.

Merci Aurélie, merci Martine.

C'est ainsi que nous finissons notre podcast d'aujourd'hui.

Nous continuerons à parler des changements dans le monde du travail

dans les prochaines semaines.

Pour l'instant,

c'est au revoir et à bientôt pour un prochain épisode des voix de l'OIT.

[musique]